TADIC A VISITE L’ECOLE DE L’AMITIE DANS LA MONTAGNE TARA
Le 30 juillet 2010
La Résolution sur le Kosovo-Métochie, que Belgrade officielle a proposée à l’Assemblée générale de l’ONU, est un document constructif, conforme aux intérêts de l’UE, ce qu’a également confirmé la Commission européenne, a fait ressortir le président de la Serbie, Boris Tadic. Dans la montagne Tara, ensemble avec le ministre de l’Intérieur, Ivica Dacic, il a visité ’’L’Ecole de l’amitié’’, qui travaille depuis dix ans dans l’organisation de l’ONG ’’Notre Serbie’’. Un rapport signé Biljana Blanusa.
Aux dires de M. Tadic, la Résolution est un document à l’approche constructive. Il contribue à un règlement de paix et raisonnable, par voie de dialogue, où chaque partie aura certaines choses à gagner et d’autres à perdre. Cela fera apaiser les tensions dans la région du Sud-est de l’Europe, avant tout, à cause du règlement des conflits entre les peuples serbe et albanais, qui durent voilà 145 ans. La Serbie bâtit des relations de partenariat avec l’UE depuis des années, et, continuera à être un partenaire constructif, a souligné M. Tadic. Il n’y a pas eu de travail conjoint dans l’élaboration de la Résolution mais rien que des consultations autour du ton et du contenu de ce document. La Commission européenne a suggéré au Ministère serbe des Affaires étrangères de s’entretenir avec les pays de l’Union et c’est ce qui a été fait. Entre temps, il nous est parvenu l’information que la partie albanaise elle aussi préparait sa Résolution. Aussi, fut-il important que la Serbie soit la première à soumettre son document, car, les Nations Unies l’examineront en premier. M. Tadic a mis en vedette que la Serbie était prête à s’entretenir à l’avenir aussi de cette résolution, car, Belgrade n’a pas l’intention d’entrer en conflit avec la communauté internationale. Or, comme chaque pays, la Serbie elle aussi a sa ‘’ligne rouge’’, qui est conforme aux principes de la communauté internationale.
Aux dires du président, Tadic, la Serbie se trouve dans des circonstances, politiques, historiques et sécuritaires, difficiles, car, après la publication de l’avis de la CIJ, le processus de défense de l’intégrité et de la souveraineté au Kosovo-Métochie se voit entravé. Il ne sera nullement facile de faire adopter la Résolution aux Nations Unies. Ce sera un grand succès si nous y parvenons, a mis en vedette M. Tadic.
En se penchant sur la décision du Tribunal à Londres de ne pas extrader à Belgrade l’ancien membre de la Présidence de guerre de BH, Ejup Ganic, avec l’argumentation que ce procès, en Serbie, serait politique, M. Tadic a dit que c’était une injure pour la Serbie et pour la justice serbe, qui avait prouvé qu’elle rendait à ses citoyens des sentences rigoureuses pour crimes de guerre, en ne faisant pas de discrimination selon l’appartenance ethnique et religieuse.
Le ministre de l’Intérieur, Ivica Dacic, a mis en relief que la police avait pour tâche d’assurer la paix et la sécurité pour tous les enfants, et, tout le monde, en Serbie. Celle-ci, a-t-il ajouté, continuera à défendre les intérêts nationaux par voie pacifique et à réaliser son objectif – celui de faire partie de la famille européenne.
Les auditeurs de l’école ont eu, aujourd’hui, la compagnie des membres des unités spéciales antiterroristes de la Gendarmerie. Notons par ailleur, que l’ONG ’’Notre Serbie’’a rassemblé 600 enfants dans la dixième année de travail de l’école. Dans le troisième cycle, qui dure jusqu’au 4 août, séjournent deux cents enfants, dont les parents sont morts, enlevés ou bien portés disparus durant les dernières guerres en nos espaces, de Serbie et de la Republika srpska, ainsi que les enfants de leur âge, des enclaves serbes au Kosovo-Métochie, qui sont arrivés dans la montagne Tara dans l’organisation de l’ONG ’’La joie de l’enfant’’ de Gnjilane, et, grâce aux donations du Ministère pour le Kosovo.
Texte de la Résolution pour l’Assemblée générale de l’ONU
Le 28. juillet 2010.
La Serbie a soumis à l’ONU la Résolution proposant la conclusion concernant l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur le Kosovo. Suit le texte du document dans sa totalité.
Résolution de la République de Serbie
liée au point 77 de l’ordre du jour de la 64e session de l’Assemblée générale:
„Demande que la Cour internationale de Justice adopte un avis consultatif au sujet de la question de savoir si la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo est conforme au droit international“
Assemblée générale
Dirigée par les principes prévus par la Charte de l’ONU.
En prenant en considération ses fonctions et ses autorisations sur la base de la Charte de l’ONU,
En rappelant sa Résolution 63/3 du 8 octobre 2008,
Consciente du fait que n’a pas été atteint un accord entre les parties sur les conséquences de la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo par rapport à la Serbie,
En tenant compte du fait que la sécession unilatérale ne peut pas être une manière acceptable de régler les questions territoriales,
1. Elle affirme être informée de l’Avis consultatif de la Cour internationale de Justice adopté le 22 juillet 2010 au sujet de la question de savoir si la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo est conforme au droit international,
2. Elle appelle les parties à trouver un règlement mutuellement acceptable pour toutes les questions ouvertes par voie d’un dialogue pacifique, dans l’intérêt de la paix, de la sécurité et de la coopération dans la région,
3. Elle décide d’introduire à l’ordre du jour provisoire de la 66e session le point intitulé: „Futures activités après l’adoption de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice au sujet de la question de savoir si la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo est conforme au droit international“.
INTERVIEW DU CHEF DU BUREAU GOUVERNEMENTAL POUR L’INFORMATION, MILIVOJE MIHAJLOVIC
Le 27. juillet 2010.
Le chef du bureau gouvernemental pour l’information, Milivoje Mihajlovic, a constaté que la session extraordinaire du Parlement de Serbie à laquelle a été adoptée lundi par la majorité des voix la Décision sur la politique du gouvernement sur le Kosovo-Métochie avait montré qu’en Serbie était élevée la conscience sur la pesanteur du problème du Kosovo et que ce dernier pouvait être réglé seulement si sont considérés de manière réaliste les contextes politique, mais aussi historique. Ce qui est très important, c’est le fait qu’au Parlement a été atteinte l’unité et le fait que le gouvernement a obtenu le soutien parlementaire pour la politique qu’il mène à l’égard du Kosovo-Métochie, bien qu’il se trouve à un moment difficile après l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, a souligné Mihajlovic dans une interview accordée à Radio Serbie Internationale. L’entretien a été mené par Ivana Subasic.
Selon Mihajlovic, le Parlement a adressé le message aux Serbes au Kosovo-Métochie que Belgrade ne renonce pas à la lutte diplomatique pour le Kosovo et qu’elle poursuivra la politique de la paix et de la réconciliation, comme garant de leur survie au Kosovo. Dans le même temps, le Parlement a également adressé le message aux Albanais du Kosovo que la Serbie souhaite, avant tout, l’accord et la paix dans ces régions. En exprimant l’attente que la partie albanaise soit dominée elle aussi par une telle conscience politique, Mihajlovic a souligné qu’était très important le fait que le Parlement a adressé depuis sa session extraordinaire le message à la communauté internationale aussi, particulièrement aux pays qui soutiennent Pristina, que la question du Kosovo ne peut pas être réglée sans Serbie, à savoir que les règlements unilatéraux renvoient les Balkans au passé turbulent et ne contribuent pas à la stabilité de la région. D’autre part, a-t-il souligné, la discussion parlementaire a montré qu’il n’existait la chance que Belgrade succombe à aucun avis qui mènerait au renforcement de l’indépendance unilatéralement proclamée du Kosovo.
Mijalovic a qualifié de très important le fait que la Serbie écrira seule la résolution sur le Kosovo-Métochie, pour la session d’automne de l’Assemblée générale de l’ONU, bien que les pays qui soutiennent Pristina tentent d’y participer d’une manière ou d’une autre. La décision de Belgrade d’écrire seule la résolution sur l’avenir d’une partie de son territoire témoigne de la dignité du pays et de sa vue claire sur l’avenir non seulement de la province serbe du Sud, mais aussi du reste de la Serbie. Il est clair que la Serbie se présentera à l’Assemblée générale de l’ONU avec une position explicite et la demande d’un règlement pacifique et diplomatique pour le Kosovo-Métochie, par voie d’un dialogue. Le président de Serbie, Boris Tadic, mais aussi d’autres éléments politiques dans le pays ont clairement indiqué que la Serbie souhaitait se mettre à table de négociations avec les Albanais, avec la médiation des éléments internationaux, et discuter de tous les problèmes, mais la Serbie ne reconnaîtra jamais le Kosovo et elle ne laissera pas tomber les armes diplomatiques en ce qui concerne la lutte pour la sauvegarde de l’intégrité territoriale du pays. En se penchant sur l’approche différente de Belgrade et des pays qui soutiennent Pristina à la forme de futures négociations sur le Kosovo, Mihajlovic a souligné que la décision au sujet de la question de savoir si ce seront les négociations techniques ou statutaires serait adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en soulignant que tôt ou tard chaque question technique s’avère statutaire. En se penchant sur la réunion des chefs de diplomatie de l’UE et le manque d’une position unanime sur le Kosovo après l’avis de la Cour internationale de Justice, Mihajlovic dit qu’il est évident qu’à Bruxelles a dominé l’opinion que pour Belgrade le Kosovo-Métochie et les intégrations européennes de Serbie sont deux questions séparées. Le message que l’Europe est ouverte pour la Serbie est le seul message possible qui aurait du venir de Bruxelles bien que probablement il y ait eu des opinions dissonantes. Il est évident que l’UE a compris que la Serbie est le partenaire dans les Balkans et qu’elle ne doit pas se mêler de nos disputes rigides, mais qu’elle doit nous assurer de les régler pacifiquement. Chaque membre de l’UE a un modèle et ses réflexions comment la Serbie doit se comporter sur la voie européenne, mais ce qui est très important c’est ce qu’a été dit après la réunion à Bruxelles – qu’il ne faut pas conditionner la voie européenne de la Serbie par la question du Kosovo ce qui a confirmé dans le même temps la politique pacifique de Belgrade, a constaté le chef du bureau gouvernemental pour l’information, Milivoje Mihajlovic.
L’ASSEMBLEE NATIONALE SUR L’AVIS DE LA CIJ
Le 26 juillet 2010
L’Assemblée nationale de Serbie doit se prononcer, à sa session extraordinaire, sur la proposition de décision du gouvernement, sur l’avis de la Cour internationale de Justice sur la légitimité de l’indépendance unilatéralement proclamée du Kosovo et sur la suite des activités de la Serbie dans la lutte pour la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. La proposition de résolution sur le Kosovo qui demande les négociations se trouve devant les députés, comme une voie pour atteindre une solution durable et la réconciliation historique des Serbes et des Albanais. Le rapport préparé par Sandra Pekic.
La proposition du gouvernement, expliquée par le chef de la diplomatie Vuk Jeremic, qui soutient la politique présente liée au Kosovo-Métochie et exige du gouvernement de continuer d’utiliser toutes les moyens politiques et diplomatiques pour sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale, se trouve devant le parlement. La tache des organes d’Etat sera d’obtenir le soutien de la majorité dans l’Assemblée générale de l’ONU à la résolution de la Serbie qui ouvrira la voie à la recherche d’une solution de compromis et qui prouvera, après son adoption, que la Cour international de Justice n’a pas donné le droit aux Albanais à la sécession de la Serbie, fait savoir Jeremic. La procédure implique que tout avis de la Cour devient le sujet du débat à l’Assemblée générale de l’ONU, explique Jeremic, en citant qu’il est habituel que le pays qui a initié le procès juridique propose le texte des conclusions. Jeremic a déclaré devant les députés que l’activité diplomatique de la Serbie, jusqu’à l’Assemblée nationale de l’ONU, serait dirigée sur l’arrêt des autres reconnaissances du Kosovo-Métochie. Selon lui, 55 pays se trouvent sur le point de reconnaitre le Kosovo et le gouvernement de Serbie fait tout pour diminuer ce nombre. Le chef de la diplomatie fait savoir dans l’assemblée que le monde suit aujourd’hui la réaction et la voie future de la Serbie. « Il est crucial que nous soyons unis, dignes et à la fin, malgré les arguments politiques, que nous atteignons la conclusion finale avec l’attitude unie », a déclaré le chef de la diplomatie. Jeremic a conclu que la politique qui s’efforçait de sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale de Serbie devait être menée conformément à la Constitution de Serbie et jusqu’à ce qu’en Serbie existait la majorité qui n’était pas prête à abandonner cette politique. En présentant aux députés de l’Assemblée de Serbie le rapport sur le procès à la Haye, le chef du team légal de Serbie devant la Cour international de Justice, Dusan Batakovic a déclaré que cette cour avait essayé de trouver une issue à cette situation politique désagréable de manière à formuler un avis consultatif. Selon lui, la Cour à la Haye a traité la question de la déclaration comme l’instrument légal, et non pas comme la question du droit à la sécession et des conséquences légaux de cet acte. Ainsi, la partie cruciale de la question posée, à savoir si la déclaration unilatérale sur l’indépendance du Kosovo est conforme au droit international, est remise à l’Assemblée générale qui a l’autorisation d’en discuter, fait savoir Batakovic. « Ce résultat représente l’échec légal pour la Serbie parce qu’elle n’a pas obtenu l’aide de la Cour internationale de Justice dans la situation où le droit international était violé au détriment d’elle », évalue M. Batakovic. Il a déclaré devant les députés que la Cour avait constaté qu’au Kosovo fonctionnait la présence internationale établie par la Résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU. L’avis consultatif de la Cour de la Haye n’a pas fermé la porte pour les activités diplomatiques de la Serbie pour sauvegarder l’intégrité territoriale, conclue Batakovic. La session extraordinaire de l’Assemblée de Serbie avec un seul point de l’ordre du jour, à savoir la proposition de la Résolution du gouvernement de Serbie sur Kosovo, avait commencé un peu après 12 heures. Le président de la Serbie, Boris Tadic, le Premier ministre Mirko Cvetkovic avec tous les membres du gouvernement et 215 de 250 députés participent à la session de l’Assemblée nationale de Serbie.
OLIVER IVANOVIC SUR LA POSITION DE BELGRADE APRES LA DECISION DE LA CIJ
Le 25 juillet 2010
L’avis consultatif de la CIJ a rétréci l’espace pour les manoeuvres de Belgrade, mais la Serbie intensifiera ses activités diplomatiques visant à sauvegarder l’intégrité au Kosovo, a dit, dans une interview pour RSI, le secrétaire d’Etat au Ministère pour le Kosovo-Métochie, Oliver Ivanovic. Notre journaliste Ivana Subasic s’est entretenu avec lui.
Ceux, qui soutiennent Pristina, profiteront de la situation pour faire pression davantage sur certains petits pays, ce qui poussera un certain nombre de ces Etats à reconnaitre l’indépendance autoproclamée du Kosovo. Dans une telle situation, il ne reste à Belgrade que de maintenir le soutien des Etats, qui n’ont pas reconnu jusqu’à présent le Kosovo, et ce, à travers des contacts bilatéraux, intenses, et, de renforcer ainsi sa position diplomatique, a laissé entendre M. Ivanovic. Le fait que la CIJ a évité de débattre de l’élément essentiel de la question kosovare, - celui de savoir si la sécession du Kosovo est légale, en se bornant à interpréter la déclaration d’indépendance, ouvre à la diplomatie serbe un espace pour tenter, par des arguments politiques, d’obtenir le soutien de la majorité des membres à l’Assemblée générale de l’ONU.
En commentant les pressions diplomatiques des pays occidentaux, leaders sur Belgrade, et, sur les pays, qui n’ont pas reconnu le Kosovo, M. Ivanovic a répété que le Kosovo faisait partie intégrante de la Serbie et que Belgrade officielle ne pouvait renoncer à cette position, non seulement, la Constitution de Serbie l’y engageant, mais les citoyens aussi. Les partisans de l’indépendance du Kosovo, poursuit M. Ivanovic, croient que l’avis de la CIJ renforcera leur position vis-à-vis des Etats, qui n’ont pas reconnu le Kosovo, dans l’intention de créer une situation, qui montrerait qu’un nombre important de membres de l’ONU a reconnu le Kosovo. Or, je ne crois pas qu’une telle politique pourrait aboutir à tel tournant.
En évoquant la réunion ministérielle de l’UE, convoquée pour le 26 juillet, et, le débat sur une éventuelle politique commune des pays membres par rapport au Kosovo, M. Ivanovic a exprimé la conviction que l’Espagne, la Slovaquie, la Roumanie, la Grèce et Chypre ne cèderaient jamais devant les pressions de Washington et des autres membres de l’UE, qui soutiennent Pristina. Le soutien dont bénéficie Belgrade, est de nature conséquente. Il est aussi dans l’intérêt de ces pays, car eux aussi sont confrontés aux idées séparatistes. Un changement de position risquerait de porter atteinte à leur stabilité interne. Dans ce contexte, dit M. Ivanovic, je suis sûr que ces pays s’en tiendront à leurs positions, à savoir, que la CIJ n’a pas répondu à l’élément essentiel de l’indépendance de Pristina, et, que cet avis n’est pas un argument valide, qui les pousserait à changer de position.
En commentant les différentes approches de Belgrade et des pays, qui soutiennent Pristina, des futures entretiens sur le Kosovo, M. Ivanovic a répété la position de la Serbie, selon laquelle, un dialogue avec les représentants des institutions intérimaires de Pristina n’est possible que si la délégation de ces dernières est menée par l’ONU. Belgrade met en relief la nécessité de s’entretenir sur les problèmes, dont le règlement faciliterait la vie des Serbes et des autres non-ablanais au Kosovo, mais chacune de ces questions techniques mènerait aux entretiens sur le statut.
Des contacts bilatéraux, l’Assemblée générale de l’ONU, une voie décidée vers l’UE, telles sont les possibilités dont dispose Belgrade pour obtenir de nouvelles négociations. Tant que Bruxelles ne pose pas comme condition à la Serbie de reconnaitre le Kosovo, Belgrade se doit d’investir un maximum d’efforts pour remplir toutes les normes européennes, qui mènent à une adhésion sur pied d’égalité à l’UE. Seul, une Serbie économiquement et politiquement puissante et bien positionnée, ce que lui offre l’adhésion à l’UE, pourrait soulever la question de son intégrité tant que l’on ne trouve un règlement de compromis, acceptable à la fois pour Belgrade et Pristina. A défaut d’un tel règlement, la stabilité et la paix dans les Balkans ne sont pas possibles, a constaté Oliver Ivanovic.
APRES LA DECISION DE LA CIJ SUR LE KOSOVO
Le 23 juillet 2010
La lutte diplomatique de Belgrade pour le Kosovo ne s’est pas terminée par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice. C’est une décision difficile pour la Serbie, mais nous poursuivons la lutte au sein de l’ONU, a laissé entendre le président de Serbie, Boris Tadic. Cependant, soulignent les analystes, l’évaluation de la Cour n’est pas difficile seulement pour la Serbie, mais elle se reflètera dans une grande mesure sur les futures relations internationales, et il existe le danger d’une réaction de chaîne dans le monde. La rubrique est signée Ivana Subasic.
L’évaluation de la Cour internationale de Justice à La Haye est une nouvelle confirmation du droit à l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, a laissé entendre le président d’Abkhazie jeudi, après la session publique à laquelle a été lu l’avis consultatif sur la légalité de l’indépendance unilatéralement proclamée du Kosovo. Il a exprimé l’espoir que cela stimulerait de futures reconnaissances de ces deux régions géorgiennes détachées. Les pays occidentaux qui soutiennent Pristina soulignent que l’avis consultatif a respecté les positions sur l’indépendance du Kosovo comme cas unique dans le monde. En indiquant qu’il n’existe pas le danger d’un effet de dominos, ils appellent dans le même temps ceux qui n’ont pas reconnu jusqu’à présent le Kosovo à le faire. La secrétaire d’Etat américaine, Hilary Clinton, a appelé tous les Etats à surmonter le problème du statut du Kosovo-Métochie et à soutenir, comme elle l’a déclaré, la paix et la stabilité dans les Balkans. Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a laissé entendre que tous les pays qui avaient attendu l’avis de la CIJ, n’avaient plus de raison pour attendre. Les Etats qui soutiennent Belgrade laissent entendre qu’ils continuent à respecter la position selon laquelle l’indépendance unilatéralement proclamée du Kosovo est illégale. Ils soulignent l’importance du fait que la CIJ s’est prononcée seulement sur la déclaration de Pristina et qu’elle n’a pas examiné dans un cadre juridique international large le détachement unilatéral de Pristina de Serbie. La Russie ne changera pas sa position en raison de l’avis de la CIJ et elle ne reconnaîtra pas le Kosovo. Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Nesterenko, a répété la position de Moscou selon laquelle les négociations sont la seule voie pour parvenir à un règlement du problème du Kosovo-Métochie. Les pays membres de l’UE qui n’ont pas reconnu Pristina laissent entendre eux aussi que l’avis de la CIJ n’influera pas sur leur position à l’égard du Kosovo. La Slovaquie reste attachée à la Résolution 1244 du Conseil de sécurité qui prévoit le protectorat international au Kosovo jusqu’à l’aboutissement à un règlement final, a déclaré le porte-parole du ministère slovaque des Affaires étrangères, Peter Stano. Le ministère des Affaires étrangères du Chypre lui aussi a confirmé la position selon lequel ce pays respectera la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Serbie. Il semble que la situation concernant le Kosovo sera l’un des thèmes brûlants cet été car la pression diplomatique sur Belgrade augmente. Le vice-président américain, Joseph Biden, a demandé lors d’un entretien téléphonique avec le président Tadic une approche constructive de Belgrade au règlement des questions pratiques ensemble avec Pristina afin de promouvoir la vie de tous dans la région. Les officiels de l’UE proposent ouvertement l’aide pour l’établissement du dialogue de Pristina et de Belgrade. L’avenir de la Serbie et du Kosovo est au sein de l’UE, et le dialogue doit stimuler la coopération, assurer le progrès sur la voie vers l’Europe et améliorer la vie des citoyens, a transmis au président Tadic la représentante pour la politique extérieure et la sécurité, Catherine Ashton. Cependant, le président Tadic répète que la Serbie ne reconnaîtra jamais l’indépendance du Kosovo et il annonce un plan clair des activités diplomatiques de Belgrade dans les jours à venir qui devrait arrêter d’éventuelles nouvelles reconnaissances du Kosovo. L’espace de manœuvre de Belgrade est assuré par le fait que la Cour s’est prononcée seulement sur le contenu technique de la déclaration de Pristina sur l’indépendance et qu’elle a évité de se prononcer sur la question substantielle du détachement. La région géorgienne détachée, Ossétie du Sud, n’est que la première dans toute une série de régions séparatistes qui évaluent leurs chances sur la base de l’avis de la CIJ sur la légalité de l’indépendance du Kosovo. Le Kosovo n’est pas quand même un cas unique.
LE GOUVERNEMENT SUR LA LUTTE POUR LE KOSOVO-METOCHIE
Le 23 juillet 2010
Le Premier ministre de Serbie, Mirko Cvetkovic, a déclaré que le Gouvernement avait adopté, aujourd’hui, à sa session extraordinaire, à laquelle a assisté également le président de la Serbie, Boris Tadic, le rapport du Team juridique de la Serbie, qui a conclu, que la CIJ n’avait pas répondu à la question essentielle sur la légalité de la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo. Le Gouvernement défendra sa position contre l’indépendance autoproclamée du Kosovo, au débat, à l’Assemblée générale de l’ONU.
Il a été décidé aussi que la Serbie soumette à cette institution une résolution adéquate dans l’intention de faire résoudre le problème du Kosovo-Métochie de manière à ce qu’il soit acceptable pour les deux parties – par voie négociée. Le Gouvernement proposera à l’Assemblée nationale l’adoption d’un acte, qui rallierait les structures politiques, en Serbie, autour de la question de la sauvegarde de l’intégrité de l’Etat. Le Premier ministre, Mirko Cvetkovic a fait ressortir que toutes ces mesures résultaient du fait que la Serbie n’a pas obtenu de la CIJ une aide alors que le droit international a été violé au détriment de la Serbie.
L’avis consultatif n’a pas fermé les portes aux activités politiques de la Serbie pour la sauvegarde de l’intégrité du pays. La CIJ souligne que c’est à l’Assemblee générale de l’ONU qu’il incombe de débattre de cette question et que le régime international, établi par la résolution 1244 continue à fonctionner au Kosovo-Métochie. ’’Le Gouvernement poursuivra ses activités pour résoudre le problème kosovar par voie de dialogue car c’est le seul moyen d’assurer une paix et une stabilité, durable, en ce territoire’’, a mis en relief M. Cvetkovic.
Le chef de la diplomatie, Vuk Jeremic a laissé entendrre que, dans la période à venir, les activités diplomatiques de la Serbie seraient intensifiées. Des entretiens avec les représentants de nombreux pays seront menés aux niveaux ministériels et autres, dans le but d’obtenir non seulement un soutien devant l’Assemblée générale, mais aussi d’empêcher que les pays, qui n’ont pas reconnu l’indépendance autoproclamée de la Province méridionale serbe, le font. M. Jeremic a annoncé qu’à une réunion du Bureau de coordination du Mouvement des non-alignés, la semaine prochaine, à New York, il demanderait une aide pour cette lutte diplomatique.
Pour ce qui est de l’Assemblée générale de l’ONU, M. Jeremic a laissé entendre que la Serbie participerait activement à ce débat. ’’Nous espérons que les conclusions de ce débat serait qu’il n’existe un droit à la sécession basé sur le droit international et que la sécession des Albanais du Kosovo ne leur a pas apporté l’Etaticité de ladite République du Kosovo. Ce n’est que par voie négociée que l’on peut parvenir à un règlement durable pour la Province méridionale serbe.
Le suppléant du Premier ministre, et, ministre de l’Intérieur, Ivica Dacic, a fait ressortir que l’actuelle situation au sud de la Serbie était calme, alors que celle dans la Province méridionale serbe, complexe, si bien que la communauté internationale est tenue de maintenir la paix, et, surtout de protéger les non-albanais. Il n’y aura de règlement durable dans les Balkans sans qu’il soit équitable. On se demande ce que la communauté internationale attend de la Serbie.
A la conférence de presse ont assisté également les ministres, respectivement, de la Diaspora, pour le Kosovo-Métochie, et, le chef du Team juridique de Serbie.